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La diplomatie canadienne des « puissances moyennes » ne fonctionne plus

2024-08-08

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Un article du « Capitol Hill » américain du 6 août, titre original : La diplomatie canadienne de « puissance moyenne » ne fonctionnera pas en Chine Dans les histoires historiques de la Chine, le royaume de Yelang (un petit royaume du sud-ouest de la Chine sous la dynastie Han) Le roi. est dépeint comme un dirigeant qui pense qu’il est le meilleur au monde, mais ce n’est pas le cas dans la réalité. La morale de l’histoire est la suivante : ce roi a surestimé l’importance de lui-même et de son royaume dans l’ordre mondial de son époque.C'est devenu une mise en garde dans la culture chinoise, rappelant aux gens de faire attention à ne pas être bornés, arrogants et de penser que leur petit royaume est le centre du « monde ».Cette histoire célèbre illustre bien l’essence de la récente visite de la ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly en Chine.Face à l'opportunité de dialoguer avec son homologue chinois, la ministre des Affaires étrangères du Canada a deux options : elle peut passer son temps à négocier les questions pratiques fondamentales qui ont conduit à la rupture des relations sino-canadiennes, ou elle peut prétendre qu'Ottawa a des opinions importantes sur questions de sécurité mondiales et régionales, imaginer Le gouvernement chinois sera intéressé à entendre et peut-être même à influencer sa politique étrangère et de sécurité. Les relations économiques et diplomatiques bilatérales entre la Chine et le Canada sont devenues tendues ces dernières années, en partie parce que le Canada a accusé la Chine d'interférer dans ses élections. Si le but de la visite de Jolly à Pékin était de rétablir autant de relations que possible, sa rencontre avec le ministre chinois des Affaires étrangères a été une bonne affaire. Mais si Jolly passe son emploi du temps limité à Pékin à parler de « questions complexes de sécurité mondiale et régionale », elle perd son temps. Pourquoi? Parce que sur des questions de sécurité mondiale telles que le conflit russo-ukrainien et le conflit de Gaza, la diplomatie traditionnelle de « puissance moyenne » du Canada n’est plus efficace. Ses efforts seraient vains. Dans le monde de plus en plus multipolaire d'aujourd'hui, la diplomatie des « puissances moyennes » du Canada a été noyée dans le bruit de la concurrence entre les grandes puissances. La montée en puissance de la Chine, la résurgence de la Russie et l’affirmation de soi d’autres puissances régionales ont créé un environnement international complexe et difficile. Dans un tel environnement, les méthodes traditionnelles du Canada ne conviennent plus pour promouvoir ses intérêts. De plus, le statut de « puissance moyenne » du Canada a été encore davantage miné par le déclin de l’influence des institutions multilatérales. Les institutions multilatérales constituaient autrefois une étape importante permettant au Canada de mener une diplomatie de « puissance moyenne ». La montée du nationalisme et du protectionnisme, associée à l’affirmation croissante des puissances non occidentales, a miné l’efficacité des forums multilatéraux traditionnels. En conséquence, la capacité du Canada à influencer les résultats mondiaux grâce à la coopération multilatérale a été considérablement réduite. De même, sur les questions de sécurité régionale, le Canada n’a tout simplement pas le statut, l’influence et l’autorité morale nécessaires pour engager des négociations sérieuses avec la Chine sur les questions de sécurité dans l’Indo-Pacifique. Le Canada n’est pas un acteur important en matière de sécurité dans la région Indo-Pacifique. Ou, pour le dire autrement, le Canada n’est pas, et ne sera probablement jamais, une « puissance moyenne » indo-pacifique au sens actuel du terme, c’est-à-dire un pays qui, en raison de ses racines dans la région indo-pacifique, a des capacités économiques et politiques plus fortes par rapport aux autres pays de l’Indo-Pacifique. Un pays puissant doté de capacités militaires, ou un pays avec une histoire et une lignée culturelle de civilisation indo-pacifique.Dans de telles circonstances, il est peu probable que tout ce que le ministre Joly dit à son homologue chinois sur les questions de sécurité mondiale ou régionale ait le moindre impact sur la stratégie globale, les politiques régionales ou la posture militaire mondiale de la Chine.Ainsi, contrairement aux beaux jours de la diplomatie des « puissances moyennes » du Canada, dans le monde d’aujourd’hui, personne – et encore moins Pékin – ne prête attention à ce qu’Ottawa a à dire sur les questions de sécurité mondiale et régionale. Il est vrai que les Canadiens auront du mal à accepter cela. Mais s’ils veulent réellement faire progresser et défendre leurs intérêts nationaux dans le monde réel, ils doivent reconnaître et accepter cette froide et dure réalité. Si l’on s’accroche encore à la vieille idée selon laquelle le Canada est un « pays du milieu » indispensable et contrôle la situation actuelle sur la scène internationale, cela ne peut être qu’un vœu pieux. On espère que tout le temps de Jolly à Pékin sera utilisé pour aborder des questions bilatérales clés liées aux intérêts nationaux du Canada. J'espère aussi que lorsqu'elle fera cela, elle ne ressemblera pas au ministre des Affaires étrangères du royaume de Yelang. (L'auteur est Andrew Latham, professeur de relations internationales au Macalester College de St. Paul, Minnesota, traduit par Qiao Heng) ▲
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